Etta James

Etta James, 60 années de jazz, soul et rythm’ and blues

Jamesetta Hawkins vit le jour dans la « cité des anges » californienne le 25 janvier 1938. Fruit de la relation d’un père d’origine européen inconnu et d’une adolescente afro-américaine âgée de 14 ans, l’enfance d’Etta fut chaotique et douloureuse. Livrée à elle-même, Etta s’évadera grâce au chant au sein de la chorale Echoes of Eden choir de l’église baptiste Saint Paul de Los Angeles.

Au début des années 50, elle forme le trio féminin The Creolettes. Etta se révèle rapidement en lead vocal. Le chef d’orchestre Johnny Otis les repère. Fasciné par le timbre d’Etta qu’il appelle « the Queen of soul », il renomme le groupe The Peaches et donne à Jamesetta son nom de scène. Le trio enregistre «Roll With Me, Henry» en 1954 sous le titre « The Wallflower»

 

Avec le single « Good Rockin’ Daddy », Etta lance, en 1955, sa carrière solo. Rapidement, elle va révéler l’étendue de son talent, enchaîne les succès et part en tournée avec des artistes comme Little Richard, Gene Vincent, Fats Domino et Jerry Lee Lewis. En 1960, à l’âge de 22 ans, elle signe avec le mythique label Chess Records et décroche le « tube » de sa carrière : le bouleversant et torride « At Last ». L’album sera classé 20e parmi les 50 plus grands albums de tous les temps catégorie « Women who rock » par Rolling Stone Magazine.

En 1967, Etta James sort le fameux «Tell Mama», mélange de rock et de gospel. En 1968, en sort le poignant et intense single « I’d rather go blind», une des plus belles chansons d’amour jamais écrites reprise quelques années plus tard, entre autre, par Rod Stewart.

A l’âge de 21 ans, elle épouse Artie Mills et lui donnera deux fils Donto et Sametto. Etta enchainera les albums puis à la fin des années 80, elle disparait des studios pendant neuf ans. En 1984, son interprétation de l’hymne national aux JO de Los Angeles lui permet de relancer sa carrière. Elle effectue son retour avec l’album Seven Year Itch en 1989. Ses fils l’accompagnent sur scène, à la batterie et à la basse. Son dernier album, « The Dreamer » sortira en Novembre 2011.

Etta James et Mohamed Ali

La discographie d‘Etta James se compose de nombreux singles, une trentaine d’albums studio, live et compilations. Tout au long de sa carrière, son style musical évoluera avec une aisance déconcertante. Initialement perçue comme une chanteuse de Rythm’and Blues, Etta bascule dès 1960 vers le jazz pour se situer à la fin de sa carrière entre le blues et le rock and roll. Gerald « Jerry » Wexler, journaliste musical et producteur parmi les plus influents des États-Unis la décrira comme « La plus grande voix féminine de rhythm’n’blues ». Pour la petite histoire, Wexler, journaliste au journal Billboard Magazine et chargé de la catégorie « Race », « musique raciale » concernant celle des musiciens noirs remplaça ce terme péjoratif en 1949 par celui de Rythm’ and blues.

D’interminables combats personnels ont jalonnés la vie d’Etta James. En parallèle de sa carrière instable, elle dû combattre ses démons intérieurs et une dépendance à l’héroïne et à l’alcool, avec cures de désintoxication à répétition, internement psychiatriques et relations conflictuelles avec son entourage. Seule la musique lui donnera une force hors du commun lui permettant de rebondir et ressurgir plus forte qu’avant.

Etta James

Sa voix puissante et unique était chaleureuse et grave à la fois. Le moindre cri ou tremblement n’avait rien d’une prouesse technique ou d’un effet recherché mais l’expression d’une vie de souffrance sans cesse surmontée. Telle une survivante, ses performances transpiraient la fureur de vivre et une tristesse intérieure inconsolable qui intimait le respect de tous.

Etta James reçoit de nombreux prix tout au long de sa carrière, particulièrement durant les années 1990 et 2000 (Grammy Award, Rock and Roll Hall of Fame, Rockabilly Hall of Fame, Blues Hall of Fame, Walk of Fame, etc.). En 2008, le magazine Rolling Stones publie la liste des « 100 plus grands chanteurs de tous les temps », Etta apparaît à la 22e place.

Jusqu’au bout, elle aura conservé sa voix si particulière et son tempérament de feu, ses enregistrements n’en finissent pas d’en témoigner. Le 20 janvier 2012, Etta James s’éteint des suites d’une leucémie, à l’âge de 73 ans, à l’hôpital de Riverside, Californie, entourée de ses fils et de son mari.

DISCOGRAPHIE

Albums Studio

1961: At last

1961: The second time around

1962: Etta James

1962: Etta James sings for lovers

1963: Etta James top ten

1965: The queen of soul

1966: Call my name

1968: Tell Mama

1970: Etta James sings funk

1971: Losers weepers

1973: Etta James

1974: Come a little closer

1976: Etta is betta than Evvah!

1978: Deep in the night

1980: Changes

1989: Seven year itch

1990: Stickin’ to my guns

1992: The right time

1994: Mystery lady: Songs of Billie Holiday

1995: Time after time

1997: Love’s been rough on me

1998: Life, Love & the Blues

1998: 12 songs of Christmas

1999: Heart of a woman

2000: Matriarch of the blues

2001: Blue Gardenia

2003: Let’s roll

2004: Blues to the bone

2006: All the way

2011: The Dreamer, Verve

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