Kebra Negast « La gloire des Rois d’Ethiopie »

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Il existe 3 traductions françaises et une italienne du Kebra Nagast, Le livre de la gloire des rois d’Éthiopie, ce texte Ge’ez essentiel et fondateur de la mythologie du royaume chrétien d’Ethiopie.

Gerard Colin «  la Gloire des rois (Kebra Nagast). Epopée nationale de l’Ethiopie », Genève, Patrick Cramer, 2002.

Samuel malher « Kebra Nagast, La Gloire des Rois d’Ethiopie, Alternatic Promotion, 2007.

Robert Beylot « La Gloire des Rois ou l’Histoire de Salomon et de la Reine de Saba », Brepols, 2008.

Osvaldo Raineri «  la Gloria die Re, Salomone e la regina di Saba nell’epopea etiopia tra testo e pittura », traduzione dal testo etiopico (ge’ez) di Osvaldo Raineri, miniature di yohannes Tesemma presentate da Renata Riva, Roma, ed. Fondazione Benedetta Riva, 2008.

Les formats de ces ouvrages diffèrent : Celui de G. Colin, in-quarto imprimé sur papier de luxe et reliure pleine totale, est un beau livre ; celui de R. Beylot est un « poche de référence », soit un in-octavo épais à l’apparat critique occupant près de la moitié du volume ; enfin l’ouvrage de S. Malher est un poche destiné à faire connaître le texte auprès du grand public.

Rappelons que la gloire des rois d’Ethiopie provient de la possession de l’arche de l’alliance qui fut dérobée dans le Temple à Jérusalem, mais avec l’assentiment divin, par Ménélik, roi d’Ethiopie et fils du roi Salomon et de la reine de Saba.

Cette gloire se mesure à l’aune de la gloire des rois de Rome (Byzance), qui ne possèdent que  les clous de la crucifixion et qui descendent eux aussi de la royauté d’Israël. A cette lecture du texte se superposent de nombreuses autres lectures, tant le Kebra Nagast est fait de traditions diverses assemblées pour sceller l’alliance entre le pouvoir royal éthiopien et son église chrétienne.

L’arche d’alliance est la Sion céleste, image de la vierge marie, et ainsi le christianisme éthiopien revendique ses racines vétéro- et néo-testamentaires.

Ces traductions se basent toutes sur l’édition « princeps et unica » du texte Ge’ez réalisée en 1905 par Carl Bezold à partir de Six manuscrits, le manuscrit Paris BnF Eth. 5 étant pris comme texte de base et les variantes de cinq autres codices étant reléguées en apparat critique, sauf aux rares endroits où il avait semblé nécessaire de remédier aux lacunes du texte.

Ces trois traductions françaises ne prennent pas en compte l’apparat critique de C. Bezold, elles sont donc toutes basées sur la copie du manuscrit BnF Eth.5, un texte du XV° siècle qui est le plus ancien témoin manuscrit connu du Kebra Nagast. Etant donné le grand nombre de copies connues aujourd’hui et des variantes parfois importantes apportées au cours des XVIII° et XIX°, c’est donc un état « primitif » du texte qui nous est ainsi proposé. Seule une vraie édition critique permettrait de juger de l’histoire du texte à travers les siècles, et c’est le reproche majeur qui sera fait ici à cette triple initiative de traduction, celui de ne pas apporter un vrai regard philologique sur l’histoire de du texte mais au contraire, de contribuer à fixer notre connaissance du KN.

Anaïs Wion. Le Kebrä Nägäśt, ‘La Gloire des Rois’, compte rendu critique de quatre traductions récentes. Annales d’Ethiopie, Maisoneuve et Larose, 2009

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