« Prisonniers de Babylone », l’album de Jah Prince & the Prophets

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Jah Prince est l’un des pionniers de la scène reggae made in Africa. Auteur, compositeur, guitariste, il est le leader du groupe Jah Prince & the Prophets. Son album intitulé « Prisonniers de Babylone » d’une grande maturité, signe pour l’artiste une consécration. D’une grande richesse musicale et spirituelle, il est digne des plus grands du reggae. Enregistré live dans un studio d’Abidjan en 2003, c’est le premier album de l’artiste, aboutissement de ses vingt ans d’expérience sur les scènes de Côte d’Ivoire et de France.

La musique de Jah Prince est une affaire de métissage. Prince chante en français, en anglais et en dida (dialecte de Côte d’ivoire). Sa musique navigue entre les influences de la soul afro-américaine et le balancement expressif du reggae roots jamaïcain. Les guitares balancent des riffs et solos ravageurs à la hauteur d’un groupe de rock alors que les basses lourdes sont celles de la dub music. Surtout, les rythmes et l’énergie musicale caractéristiques de Côte d’Ivoire donnent un groove et une puissance bien particulière à sa musique. Le tout est relevé par des cuivres qui rappellent les big bands de la Nouvelle Orléans. C’est certain, il serait un peu rapide de catégoriser Jah Prince comme un simple artiste de reggae. Qu’est-ce que c’est ? Du rock à la sauce reggae ? Du reggae aux épices africains? Quoiqu’il en soit Jah Prince a trouvé une belle recette. Ça groove, ça skank et ça rock, le son est propre, et c’est du live !
L’album parvient à nous tenir en haleine, en alternant ballades langoureuses (« Love Me Woman » « Go Away Vampire ») et morceaux festifs (« Ying & Yang Cocody Star », « Necka Mon Dissah ») avec des titres militants dans un style roots plus classique (« Rebel Man », « Prisonniers de Babylone »).

Pour Jah Prince, « la paix commence par la musique ». Il met son art au service de la liberté d’expression et milite musicalement contre toutes les formes d’oppressions qui sévissent en Afrique et dans le monde. Il s’inscrit ainsi dans la lignée des rebelles du reggae. Ses paroles dénoncent le néo-colonialisme que subissent de nombreux pays africains, mais aussi les persécutions, la corruption et l’oppression politique menées par gouvernements africains eux-mêmes. Cela lui a valu les foudres du gouvernement ivoirien qui l’arrête arbitrairement à son domicile en Côte d’Ivoire en 2012. Il est emprisonné à la MACA, la maison d’arrêt d’Abidjan pour une peine d’un an, suivi de cinq ans d’interdiction sur le territoire ivoirien. Cela fait de l’album « Prisonniers de Babylone », paru quelques années plus tôt, une œuvre tristement prophétique. Mais Jah Prince ne se laisse pas abattre. Ainsi chassé de la terre de ses origines, il continue de pratiquer sa musique en France pour dénoncer les injustices et inviter à la paix entre les hommes.

Jah Prince travaille actuellement en studio pour la sortie d’un nouvel album, et il présente ses nouvelles compositions sur les scènes de France. Il sera le 8 juin à Mains d’Oeuvres (Saint-Ouen), le 11 juin au festival le Grand Bastringue (Cluny) et le 30 septembre au Hangar ( Ivry).

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